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mercredi 8 août 2012

Une visite à Sept-Îles

Au début du mois de juin, j'ai pris congé de mon travail pour aller à Sept-Îles. Je voulais rencontrer mon enseignante associée avant la fin de l'année scolaire et aussi visiter la maison dans laquelle je vais vivre pour les prochains mois.
Nous sommes donc parties en road trip mère-fille. Nous avons pris la traverse Matane-Baie-Comeau, puis nous avons roulé tranquillement vers Sept-Îles. Nous sommes arrivées à Baie-Comeau vers 5h30, mais nous n'avions pas encore faim. Nous avons donc roulé jusqu'à Baie-Trinité où nous sommes arrêtées chez Ti-Bert pour souper. Lors de notre voyage sur la Côte-Nord en 2007, nous y étions arrêtés, et nous avions bien apprécié la nourriture simple de ce petit restaurant de camionneur.
Après souper, nous avons repris la route et apprécié les paysages de la Côte-Nord. Le soleil s'est couché alors que nous étions à Gallix, c'était merveilleux. Et puis la lune ! Elle était immense et droit devant nous !
Arrivées à Sept-Îles, nous sommes allées au Couche-Tard nous chercher de quoi déjeuner le lendemain matin. Nous en avons profité pour demander les indications pour se rendre à mon école où j'avais rendez-vous avec mon enseignante associée à 10h le lendemain matin. Nous sommes allées voir où se trouvait l'école avant d'aller nous coucher dans un motel très bas de gamme. Les murs sont en carton et le plancher n'est même pas au niveau. Heureusement, on ne peut rien reprocher au nettoyage qui était impeccable.  
Le lendemain, je me suis levée tôt et je me suis préparée à la rencontre. L'école m'a fait impression dès que j'y suis entrée. L'école Camille-Marcoux est une école à aire ouverte dont les plafonds sont très hauts, un peu comme dans une polyvalente. Les enseignantes semblent généralement jeunes et motivées et le directeur, sympathique. Quant à mon enseignante associée, je me suis immédiatement bien entendu avec elle.
Comme c'est la première fois qu'elle reçoit une stagiaire, elle a un stress de performance qui me plaît parce que je sais qu'elle se préoccupera plus de mon bien-être que quelqu'un qui reçoit une ou deux stagiaires à toutes les années. Nous avons échangé sur l'école, sur le métier et sur nos attentes respectives. Elle m'a aussi fait visiter l'école et présentée à quelques élèves et professeurs. L'école m'est apparue comme un véritable labyrinthe ! Même si c'est à aire ouverte, pour se rendre au local d'orthopédagogie, il faut passer par de nombreuses portes. J'ai eu l'impression de tourner en rond jusqu'à entrer dans le local au beau milieu de l'école !
Je suis ressortie enchantée de ma visite ! Après cela, je suis retournée rejoindre maman au motel, puis nous sommes sorties nous chercher à dîner.
L'après-midi, nous sommes allées visiter la maison où je vais habiter, qui est en fait celle de la mère d'une ancienne collègue de travail. Elle tient une garderie et a deux chambres libres au sous-sol. La chambre est correct, sans plus. J'ai cependant adoré la salle de bains que j'utiliserai presque exclusivement. La dame me préparera tous mes repas, idée que j'aime bien parce que je serai très occupée mais qui me déplaît aussi un peu parce que je ne pourrai pas surveiller mon alimentation à ma guise.
Toutefois, la dame est très sympathique et rien ne semble être un problème pour elle ! Ça me fera sans doute beaucoup de bien d'avoir une telle personne dans ma vie !
Maman et moi avons ensuite parcouru la ville en voiture jusqu'à l'heure du souper. Nous avons soupé à la Cage au Sports de la marina de Sept-îles, car mon amie Michèle y travaille. Celle-ci nous a installées à l'étage, d'où la vue est magnifique. J'ai dégusté des burritos avec une bonne Corona. La vie était belle ! J'étais enfin certaine d'avoir fait le bon choix !

Mon stage IV

Vous savez déjà que j'effectuerai mon quatrième et dernier stage à Sept-Îles. Plus précisément, ça sera à l'école primaire Camille-Marcoux, en orthopédagogie finalement !

Je suis entrée dans ce baccalauréat en me voyant exercer en tant qu'orthopédagogue enseignante, mais le sort s'est acharné sur moi en me donnant des stages dans tous les domaines sauf dans celui que je pense vouloir exercer. D'abord un stage dans une classe spéciale pour troubles envahissants du développement, puis un stage au secondaire à la formation aux métiers semi-spécialisés, et finalement un stage dans une classe spéciale constituée d'enfants avec des troubles d'apprentissages de natures différentes. Sans compter le stage que j'ai abandonné, avec des troubles graves du comportement. En fait, pour mon stage III, je devais être initialement en orthopégagogie, mais mon associée est tombée enceinte avant le début du stage. L'université m'a alors placée avec des troubles graves du comportement, la clientèle qui m'intéresse le moins et qui me fait le plus peur. Finalement, j'ai dû abandonner (même si cela me faisait plaisir, ce n'était pas par choix que j'ai abandonné ce stage) pour me retrouver dans une nouvelle classe spéciale.

C'est d'ailleurs en grande partie parce que je n'obtenais pas les stages de mon choix que j'ai décidé d'aller à Sept-Îles. J'ai même inscrit sur la feuille d'inscription au stage que si l'agente de stage ne me trouvait pas de place en orthopédagogie à Sept-Îles, qu'elle devait me place n'importe où sur le territoire, même sur la Basse-Côte-Nord ou aux Îles-de-la-Madeleine s'il le fallait. Manière un peu brusque mais nécessaire de la réveiller et de la convaincre que c'est vraiment ce que je désire...

Imaginez. Avec le baccalauréat que j'ai, j'ai à peu près 80% de chances d'exercer en orthopédagogie. Si je n'avais pas eu ce stage, je n'aurais eu aucune idée de ce qu'il fallait faire. Terrible. Monter des dossiers, supporter les autres enseignantes, travailler le développement de la lecture... Ce sont toutes de terribles lacunes que j'ai encore alors que mes collègues de l'université ont déjà leur diplôme en main. Je suis immensément soulagée d'avoir le stage que j'ai, d'autant plus que mon enseignante associée m'est très sympathique.

Je ne pensais pas dire cela en parlant de mon stage 4, que j'appréhende depuis le début de mon baccalauréat, mais j'ai HÂTE !

mardi 31 juillet 2012

Les élèves de mon stage III

En plus de vous parler de mon expérience générale de stage lors de mon stage 3, j'avais aussi envie de vous présenter les élèves de la classe qui m'ont tous marqué à leur manière et qui m'ont aussi énormément appris.

Par leurs difficultés de nature complètement différente de même que par leurs différences de maturité et de niveau de scolaire, ils m'ont amené à me dépasser et à user de toute mon imaginer pour arriver à trouver des activités qu'ils pourraient tous faire ensemble et qui en même temps permettraient de développer les compétences prescrits par le programme de formation de l'école québécoise.

Commençons par les garçons, qui n'étaient que deux dans la classe.

Le premier, que j'appelerai S.M., était un grand garçon de douze ans au physique d'un garçon de son âge et au développement intellectuel beaucoup moins avancé. Il a reçu le diagnostic de déficience intellectuel, qui prime celui de dyslexie. Cependant, même s'il n'en a pas reçu le diagnostic, c'est avec sa dyslexie beaucoup plus qu'avec sa déficience intellectuelle qu'il fallait composer au quotidien. À douze ans, S.M. avait toujours le niveau de lecture d'un élève faible de première année. Je suis convaincue qu'il pourrait être rendu beaucoup plus loin en lecture aujourd'hui s'il avait eu le soutien de sa famille qui le néglige énormément. Cela me crevait le coeur de toujours le voir sale, sans collection et le ventre creux. À son âge, on a besoin de manger (et beaucoup à part de cela) pour arriver à se concentrer à l'école !

Le deuxième garçon est S.T. Il était dans la classe de mon enseignante associée et de son éducatrice depuis six ans et ne lisait toujours pas. S.T. a aussi reçu le diagnostic de déficience intellectuelle moyenne. Il a onze ans mais en paraît six ou sept seulement Il est mignon comme tout, mais grognon. Il a depuis longtemps perdu tout intérêt pour l'école, car il comprend très bien que ce que l'on s'acharne à lui enseigner est au-dessus de ses capacités. S.T. a quitté la classe avant la fin de mon stage quand il a déménagé avec sa mère. Nous avons fait la découverte qu'il y avait des problèmes de violence dans sa famille.

Maintenant, je vais vous parler des quatre filles du groupe.

R.A. est une autre fille dont la vie a été parsemée de difficultés. Elle a eu la malchance de naître dans la rue. Peu après sa naissance, elle a eu la méningite qui l'a presque laissée dans l'état d'un légume. Elle ne pouvait plus marcher, elle a perdu une grande partie de sa vision périphérique et souffre maintenant de déficience intellectuelle. Comme ses parents ne pouvaient s'occuper d'elle, elle a été adoptée par une famille qui s'occupe très bien d'elle. Ils lui ont fait faire des séances de physiothérapie qui lui ont sauvé la vie. Aujourd'hui, R.A. peut marcher et même courir presque normalement. Toutefois, sa famille vit toujours comme au XIXe siècle. Elle vit dans la plus grande pauvreté et ses connaissances en matière d'informatique et de télévision frôlent zéro. Cela fait d'elle la risée des élèves, d'autant plus qu'elle ferait n'importe quoi pour se faire des amis. R.A. a un coeur d'or. Elle veut aider tout le monde, dans n'importe quelle circonstances, même lorsque ce n'est pas approprié. Par conséquent, elle se trouve à se mêler de ce qui ne la regarde pas, notamment en faisant la discipline quand l'enseignant laisse passer certaines choses. Cela lui met malheureusement aussi les enseignants à dos, ce qui est vraiment dommage car cette fille a vraiment de bonnes intentions.

R. est l'une des rares personnes de la classe d'avoir la chance d'être né dans une bonne famille. Ses deux parents sont toujours ensemble et s'occupent magnifiquement bien d'elle et de son frère. De plus, contrairement à la majorité des parents, les siens ont des attentes réalistes à l'égard de ce que peut accomplir leur fille. R. a également reçu le diagnostique de déficience intellectuelle, mais comme pour S.M., c'est une autre problématique qui domine. Même si elle n'en a pas reçu le diagnostic parce qu'il est englobé par celui de d.i, R. souffre définitivement de dysphasie et de dyspraxie, ce qui rend son langage pratiquement incompréhensible pour celui qui ne la connaît pas bien. À huit ans, elle ne lit toujours pas, mais elle surprend souvent par ce qu'elle peut accomplir. C'est une petite fille extrêmement affectueuse et enjouée. C'était un véritable bonheur que de la côtoyer au quotidien !

M., quant à elle, est autiste. Elle a de terribles de beaux yeux qui captivent tout le monde et qui leur fait oublier qu'il faut demeurer ferme pour obtenir des résultats avec elle. M. est le cas d'autisme le plus impressionnant que j'ai côtoyé, plus que tous ceux qui se trouvaient dans la classe de mon premier stage. Elle présente presque toutes les caractéristiques de l'autisme et de façon très développée. Elle fait énormément d'écholalie, ses sujets de préférence étant la Guerre des clans et les avis de décès à la radio. M. adore chanter, et elle a beaucoup de talent pour ses huit ans. Elle adore aller dans le snoezelen. Comme travailler avec elle demande une très grande connaissance de l'autisme, elle est toujours accompagnée d'une éducatrice. C'est pourquoi je n'ai que très peu travaillé avec elle au cours de mon stage. Je peux toutefois vous dire qu'elle me surprenait à tous les jours, souvent en positif mais aussi souvent par son petit caractère !

Finalement C. C. est un véritable rayon de soleil, celle qui pourrait en apprendre à tout le monde en ce qui concerne l'optimisme et la bonne volonté. C. est un cas lourd de paralysie cérébrale. À huit ans seulement, elle est déjà depuis longtemps en chaise roulante et ne contrôle que très peu les mouvements de ses mains. Elle n'a pas non plus de contrôle sur la production de sa salive et ne peut pas parler. Elle a aussi une déficience intellectuelle, bien que non diagnostiquée parce que ses parents refusent de la faire évaluer. L'ensemble de ces caractéristiques fait en sorte que de nombreuses adaptations doivent être apportées afin qu'elle fasse des apprentissages. Malgré les efforts acharnés de son éducatrice et de mon enseignante, ses progrès ne sont pas constants. Ce qu'elle paraît savoir un jour est complètement oublié le lendemain ou effacé par les nouvelles connaissances qui s'ajoutent. À cause de cela, elle n'arrive ni à lire, ni à compter. Toutefois, C. ne lâche jamais et attaque chaque tâche avec bonne humeur et volonté. Elle sourit toujours et ricane au moindre clin d'oeil qu'on lui fait. En deux mois à la côtoyer, je ne l'ai jamais vue triste ou fâchée. Quand je trouverai ma vie difficile à l'avenir, je me rappelerai toujours d'elle comme d'un exemple à suivre.

lundi 23 juillet 2012

Mon choix : Sept-Îles

En janvier, lorsque j'ai dû remplir mon formulaire de demande de stage, j'étais dans un de ces dilemmes...

Tout au long de mon baccalauréat, j'ai hésité entre deux régions, une proche de chez moi et une beaucoup plus loin. J'hésitais entre la Matapédia, où j'ai appris qu'il manque tellement de suppléantes que les concierges sont parfois pris pour remplacer les enseignantes malades, et la Côte-Nord, une région que j'adore et où je sais que le besoin se fait pressant.

Cela aurait été tellement plus facile de choisir la Matapédia : j'aime la région, j'y ai des amis, ça ne fait pas trop de route pour rejoindre ma famille et mes amis à Rimouski, et je ne serais pas complètement isolée l'hiver à cause du fleuve. J'aurais eu aussi quand même régulièrement l'occasion de faire des escapades à Québec, alors qu'en étant à Sept-Îles cela devient beaucoup plus difficile à cause des distances.

Toutefois, ma première idée c'était la Côte-Nord et je refusais d'en démordre. J'avais même envie d'aller à Havre St-Pierre, une petite ville pour laquelle j'ai eu un coup de foudre quand j'y suis allée en 2007. Mais là, ça commençait à être loin ! Mon choix s'est donc finalement porté sur Sept-Îles, une ville plus proche et aussi plus grosse, plus semblable à Rimouski en termes de services offerts.

Croyez-moi ou non, à ce moment-là, je n'avais même pas pensé au Plan Nord. Peu après avoir pris ma décision, j'ai appris que la ville de Sept-Îles projetait de construire deux nouvelles écoles primaires dans les années à venir ! Déjà que les enseignantes en adaptation scolaire sont une denrée rare sur la Côte-Nord, j'ose croire que je n'aurai pas trop de mal à me trouver un emploi rapidement après mon stage si je décide d'y rester.

Mais qui dit ville en expansion, dit aussi manque de logement et prix exorbitants... Mais cela, c'est une autre histoire...

jeudi 5 juillet 2012

Stage II

Pour une fille qui parlait de venir faire des articles à toutes les semaines, c'est pas trop réussi ! Mais que voulez-vous ? Pour faire changement, j'ai été très occupée ! Pendant ce temps, les sujets de billets de blog se sont accumulés.
Mais pour le moment, je remonte loin, c'est-à-dire à un billet que je désire écrire depuis novembre 2009.
Alors mon stage II s'est déroulé à l'école secondaire le Mistral à Mont-Joli dans une classe de FMSS, Formation aux métiers semi-spécialisés.
Quand j'ai appris que mon stage allait être au Mistral, c'était le drame. Non seulement je ne voulais rien savoir de faire un stage au secondaire, mais en plus on m'avait placé au Mistral, une école à la réputation très peu reluisante. Comme je suis une personne très sensible, j'avais peur de tomber sur des élèves qui sentiraient immédiatement ma sensibilité et qui tenteraient d'en profiter. Si effectivement, les élèves remarquaient que j'étais vulnérable, ils n'ont pas tenté d'en profiter pour me rendre malheureuse, au contraire. Ils m'ont adopté. Et à cette période-là de ma formation, c'est en plein de cela que j'avais besoin. Je n'ai eu aucune autorité, mais j'ai réalisé que c'était possible pour moi de me faire accepter et de travailler avec de jeunes adolescents qui ont des troubles de comportement.
J'ai aussi eu la plus merveilleuse des enseignantes associées. Une vraie perle, qui m'a toujours bien accompagnée et qui se souciait toujours de mon bien-être. Je me sentais avec elle et avec ses deux collègues comme un véritable membre de l'équipe dont les opinions et le travail compte.
Lors de mon évaluation finale, mon enseignante associée a eu de si bons mots pour moi que je suis sortie du local en pleurant de joie. Elle m'avait enfin persuadée, après un premier stage difficile, que j'étais bel et bien dans mon domaine. Bien sûr, j'avais de petites choses à améliorer, mais en gros elle m'a dit que j'avais bien ma place en enseignement. Plus tard, en voulant m'appeler, elle est tombée sur ma mère et lui a dit que j'étais un gros plus pour l'enseignement. Ça m'a tellement fait du bien d'entendre cela !
Après ce stage, non seulement j'étais maintenant convaincue que je devais rester en enseignement, mais en plus je me demandais sérieusement si, finalement, je ne ferais pas mieux de m'inscrire au profil secondaire. En effet, mon stage au primaire avait été désastreux, tandis que celui du secondaire avait été parfait !
Finalement, je me suis raisonnée et j'ai choisi le vrai profil qui me correspond mieux, c'est-à-dire le primaire. Mais je me rappelerai toujours de ce stage et du dîner surprise que les élèves ont organisé pour moi à la fin de mon stage comme une période déterminante de ma vie.

mardi 15 mai 2012

Abandon d'un stage et reprise

Justement, quand je disais que rien n'arrive pour rien...
Le stage que j'ai dû abandonner pour des raisons personnelles à la fin de l'été 2010 ne me plaisait pas du tout. J'avais rencontré l'enseignante en juin et elle m'avait inspiré confiance, mais la clientèle de sa classe me faisait énormément peur. C'était une classe d'enfants en troubles graves de comportement. J'avais vu les élèves aussi, qui ne m'avaient pas semblé si pire que cela, mais quand elle m'avait fait visiter les locaux où elle était parfois forcée de les confiner, j'avais un peu perdu la tête. Le plâtre sur les murs était tout défait, et rien n'était laissé à la portée des enfants, de façon à ce qu'ils ne puissent pas se blesser.
Douce et sensible comme je suis, je savais que ce stage risquait de virer en catastrophe. La gestion de classe et la gestion des comportements sont déjà mes gros points faibles. Mon côté rationnel me disait que ce serait la meilleure façon pour moi d'apprendre, mais j'avais tellement peur !
Finalement, les événements qui m'ont forcée à quitter mon stage se sont produits et je me suis dit que j'étais vraiment trop dans une période d'hypersensibilité pour me « frotter » à des troubles graves du comportement. Par conséquent, j'ai eu droit à un mois supplémentaire de vacances pour me remettre sur pied, et aussi pour dire adieu à ma mamy chérie qui s'est soudainement mise à dépérir.
Quand j'ai connu mon milieu de stage pour mon stage trois à l'hiver dernier, j'ai été complètement découragée. Depuis mon tout premier stage que je demande à être placée en dénombrement flottant. Le stage un est dans une classe spéciale, le stage 2 au secondaire, on me place d'abord en dénombrement flottant pour le stage trois mais l'enseignante tombe enceinte, puis on me place dans une classe spéciale pour les troubles graves du comportement ! J'abandonne, et on me replace... encore dans une classe spéciale ! Le comble ! En plus, c'est encore à Mont-Joli, à trente minutes de route. Je rencontre l'enseignante et ses élèves... et ça ne clique pas du tout, mais pas du tout ! Le temps des fêtes passe, et je stresse, appréhendant le pire. Le stage commence et tout va mal. Je suis tellement intimidée par mon enseignante associée que je n'arrive pas à bien communiquer avec elle. Je ne sais pas à quoi elle s'attend de moi, et elle ne me dit rien si je ne lui pose pas de questions. Puis arrive finalement la mi-stage, avec l'évaluation formative qui l'accompagne. J'ai ENFIN l'occasion de savoir ce qu'elle pense de moi ! Cette évaluation a été un coup dur pour moi, parce que mon associée m'a évaluée très sévèrement. Mais je me suis resaisie et j'ai foncé, parce que je savais finalement qu'elle s'attendait à ce que je prenne beaucoup plus de place dans la classe. Finalement, la deuxième partie du stage s'est super bien passée. J'ai fait de gros progrès et j'ai réussi à me faire beaucoup mieux apprécier de mon associée. Elle et son éducatrice m'ont même invitée à dîner lors de mon avant-dernière journée de stage (c'était aussi ma fête) et elles m'ont donné un certificat cadeau pour la librairie. Je ne soupçonnais même pas que mon associée avait deviné ma passion pour la lecture ! C'est qu'elle me connaissait et m'appréciait beaucoup plus que je ne le pensais...
Finalement, je n'ai pas complètement coupé le cordon avec mon milieu de stage, puisque je m'y rends encore au minimum un après-midi par semaine pour donner un coup de main et voir les élèves que j'adore. Je compte d'ailleurs vous reparler de la classe bientôt. Mais là, je m'égare...
Tout ce que je voulais dire, c'est que finalement, tout s'est passé pour le mieux. J'ai abandonné un stage qui m'aurait sans doute détruite pour un presque aussi difficile mais qui m'a fait grandir et qui m'a donné énormément de confiance en moi. Avec le recul, je pense que je n'étais tout simplement pas prête à faire mon stage III en 2010. Tout est bien qui finit bien !

mercredi 27 mai 2009

Stage / Teaching Practice: Je suis soulagée !

Pour mon stage aussi je suis très contente de ma note ! Avec tous les commentaires négatifs que j'avais eu de mon enseignante-associée, je ne croyais pas avoir une aussi bonne note que B+ ! Me voilà très, très soulagée !
For my teaching practice too I am very happy with my mark ! With all the negative comments I have had from my associate teacher, I would never have thought I'd get such a great note (B+) ! I am so relieved !

dimanche 19 avril 2009

Fin du stage / End of teaching practice

Je prends encore quelques minutes sur mon étude pour venir écrire. Décidément, cela ne me tente plus d'étudier ! Hier en venant écrire, je me suis rendue compte que je n'étais même pas venue raconter la fin de mon stage, qui pourtant a été très marquante pour moi.
I decided to take another few minutes on my studies to come and write. I am so tired of always studying ! Yesterday, as I came to write, I realized that I did not even told what happenned on the last day of my teaching practice. It's been very memorable to me.
J'étais loin de me douter que les jeunes avaient eu le temps de s'attacher à moi autant que moi j'avais eu le temps de m'attacher à eux.
I didn't think the children had gotten attached to me as much as I had gotten attached to them.
Ils m'avaient fabriqué une carte pour mon départ, qu'ils avaient tous signée. Ils m'ont également fabriqué une insigne qu'on met sur la porte à mon nom. C'est super beau.
They made me a card for my departure that they all signed. They also made me that thing we put on the door at my name. It's beautiful.
J'avais moi aussi acheté des cartes et des signets magnétiques pour chacun d'entre eux. Je leur avait écrit un mot personnalisé. C'est fou comme ça leur a fait plaisir, je n'en revenais pas. Un petit gars qui d'ordinaire restait dans sa bulle s'est levé pour venir me parler avec enthousiasme de je ne sais quoi (d'ordinaire, il parle comme s'il était le personnage principal de ses jeux vidéos) avec un grand sourire. Et pendant qu'il me parlait, une petite fille m'a littéralement sauté dans les bras. Elle m'a serré très très fort.
I had also bought cards and magnetic bookmarks to all of them. I had written a personnalized card. They were so pleased, I never thought it would be so much. A little boy who normally stays in his world and doesn't speak to anyone stood up to talk to me about I don't know what (he speaks like the characters of his video games) with a big smile. And while he was speaking to me, a little girl jumped into my arms. She hold me very tight.
À la fin de la journée, j'ai eu le droit à des accolades des trois élèves qui restaient, dont la petite fille dont je viens de parler qui avait les larmes aux yeux et un autre petit gars qui d'ordinaire arrivait à peine à soutenir mon regard. J'étais vraiment super émue. Un peu plus et je me mettais à pleurer moi aussi !
In the end of the day, the three remaining students hugged me, including the little girl I just talked about who was almost crying, and a little boy who usually can barely stare into my eyes. I was touched. A little more and I was crying along with the little girl !
Je me doutais que ça allait être dur de partir, mais pas à ce point. J'espère avoir l'occasion de les rencontrer de nouveau !
I knew it would be hard to leave, but not that much. I hope I'll have other occasions to meet them !
En terminant, voici la courtepointe que les élèves ont réalisé pour mon activité. Elle est probablement plus grande aujourd'hui, puisqu'ils allaient la poursuivre après mon départ.
Here's the counterpane the students realized for my activity. It's probably already bigger today, since they were going to continue it after my departure.


mercredi 1 avril 2009

Fin du stage demain / End of teaching practice tomorrow

Je sais que le blog a l'air complètement à l'abandon depuis ces derniers mois, mais ce que je n'ai plus du tout le temps de m'y consacrer. J'ai bien l'intention d'y revenir cet été, comme à tous mes autres blogues, par ailleurs.
I know my blog looks completely forgotten since the last months, but I don't even have a minute to update it. I really intend to write a lot this summer, though, as on each of my blog.
Je prends seulement deux minutes pour vous dire que mon stage se termine demain. Je vais m'ennuyer des enfants, c'est fou ! J'ai vraiment pas hâte de quitter, et, paradoxalement, j'ai hâte que ce soit terminé pour que je puisse me consacrer à mes nombreux travaux.
I just wanted to take two minutes to tell you that my teaching practice tomorrow. I will miss the children, that's crazy ! I'm really not looking forward to quit, and, paradoxally, I can't wait for it to be over to concentrate on my several homework.
J'espère pouvoir donner plus de nouvelles prochainement.
I hope to be able to write more soon.

jeudi 29 janvier 2009

Rencontre avec «ma classe» / Meeting with «my class»

Je viens de me rendre compte que je n'ai pas raconté ici ma première rencontre avec les enfants de la classe spéciale où je vais faire mon stage. J'en ai parlé sur mon blog de l'intégration des autistes.
I just realized that I have not told here my first meeting with the people from the class I'll be doing my teaching practice yet. I've already told it on l'intégration des autistes, but as you know it is an only french blog.
Ça s'est passé le 22 janvier, il y a une semaine exactement. Voici ce que j'avais écrit:
It was on January 22nd, one week ago. Here's a translation of what I wrote there:
«C'est fait ! Et je n'ai que de bonnes nouvelles ! Les enfants de la classe dans laquelle je vais être sont beaucoup moins pire que je ne m'en attendais. Ils ont toutes de bonnes capacités langagières, et savent écrire et lire. Très bien même. Là où ils sont le plus différents, c'est dans leur capacité de concentration et dans leurs façons de communiquer.
«It's done ! And I have only good news ! The children from the class in which I'll be are much farther then I thought. They have good language skills, and know how to write and read. They do it very good. Where they are more different is in their concentration capacity and in their communication skills.
J'ai été témoin de comportements stéréotypés, et de quelques commentaires bizarres, comme «les extraterrestres ont volé mon cerveau» (ce qui d'ailleurs m'a bien fait rire), mais somme toute les enfants que j'ai vus me semblaient presque normaux. Et cela inclut la petite fille qui a une déficience intellectuelle.
I've seen some stereotyped behaviors, and heard some weird comments, as «the aliens have stolen my brain !» (that made me laugh), but all in all the children I've seen seemed almost normal. And that includes the little girl with mental retardation.
C'est en se rendant sur le terrain qu'on s'aperçoit de notre naïveté et de nos préjugés. Peut-être que je changerai d'avis au cours des prochaines semaines. C'étaient mes premières impressions, alors il n'y a rien qui dit que je ne me trompe pas.
It's when you arrive in real situations that you realize how naive we are and how many prejudices we have. Perhaps I'll change my mind throughout the next weeks. Those were my first thoughts, so there's nothing that says I'm not mistaken.
En tout cas, pour l'instant, je me sens choyée d'avoir la chance de travailler avec ces enfants, mais aussi avec une enseignante expérimentée. J'ai très hâte de voir qu'est-ce qu'on fait concrètement avec une classe d'autistes du primaire !»
For the moment, I feel privileged to have the chance to work with these children, but also with an experimented teacher. I'm looking forward to see what looks like an elementary autist class !»

Première journée de stage annulée / First Teaching Practice day cancelled

C'est aujourd'hui qu'officiellement mon stage commençait. J'étais très très nerveuse...
Today was officially beginning my teaching practice. I was very very nervous...
Ce matin, je me suis levée, et le temps était épouvantable dehors.
This morning, I woke up and the weather was awful.
J'écoute la radio, et les écoles sont fermées...
I listen to the radio, and the school have been closed...
Youpi, j'ai une journée de congé !
Great ! I have a free day !
Mon seul regret, c'est de ne pas encore avoir officiellement brisé la glace. J'ai besoin de ça pour descendre mon niveau de stress. Mais bon, demain ils annoncent beau...
My only regret is that I haven't been able to break the ice yet. I need it to lower my stress level. But tomorrow is supposed to be sunny, so...
J'ai quand même profité de la journée pour rattraper mon retard dans mes travaux.
I still took advantage of this free day to catch up on my lateness in my work.
Et puis, il faut super beau dehors, finalement. C'est ironique, non ? On a la journée la plus douce et la plus ensoleillée qu'on ait eue depuis longtemps ! J'ai donc aussi promené mon chien dehors.
And finally, it's beautiful outside. How ironic, isn't it ? It's been the milder and sunniest day we've had since forever ! So I walked with my dog too.
Bref, j'ai su bien remplir ma journée, et elle n'est pas encore terminée !
All in all, I've fulfilled my day, and it's not over yet !