lundi 23 juillet 2012

Mon choix : Sept-Îles

En janvier, lorsque j'ai dû remplir mon formulaire de demande de stage, j'étais dans un de ces dilemmes...

Tout au long de mon baccalauréat, j'ai hésité entre deux régions, une proche de chez moi et une beaucoup plus loin. J'hésitais entre la Matapédia, où j'ai appris qu'il manque tellement de suppléantes que les concierges sont parfois pris pour remplacer les enseignantes malades, et la Côte-Nord, une région que j'adore et où je sais que le besoin se fait pressant.

Cela aurait été tellement plus facile de choisir la Matapédia : j'aime la région, j'y ai des amis, ça ne fait pas trop de route pour rejoindre ma famille et mes amis à Rimouski, et je ne serais pas complètement isolée l'hiver à cause du fleuve. J'aurais eu aussi quand même régulièrement l'occasion de faire des escapades à Québec, alors qu'en étant à Sept-Îles cela devient beaucoup plus difficile à cause des distances.

Toutefois, ma première idée c'était la Côte-Nord et je refusais d'en démordre. J'avais même envie d'aller à Havre St-Pierre, une petite ville pour laquelle j'ai eu un coup de foudre quand j'y suis allée en 2007. Mais là, ça commençait à être loin ! Mon choix s'est donc finalement porté sur Sept-Îles, une ville plus proche et aussi plus grosse, plus semblable à Rimouski en termes de services offerts.

Croyez-moi ou non, à ce moment-là, je n'avais même pas pensé au Plan Nord. Peu après avoir pris ma décision, j'ai appris que la ville de Sept-Îles projetait de construire deux nouvelles écoles primaires dans les années à venir ! Déjà que les enseignantes en adaptation scolaire sont une denrée rare sur la Côte-Nord, j'ose croire que je n'aurai pas trop de mal à me trouver un emploi rapidement après mon stage si je décide d'y rester.

Mais qui dit ville en expansion, dit aussi manque de logement et prix exorbitants... Mais cela, c'est une autre histoire...

Pourquoi faire mon dernier stage à l'extérieur ?

Depuis le début de mes études en adaptation scolaire, j'ai en tête l'idée d'aller faire mon dernier stage à l'extérieur de la ville, et ce, pour plusieurs raisons.
D'abord, pour l'exotisme de la chose. Quand j'ai eu le guide des cours de mon baccalauréat et que j'ai découvert que j'avais la possibilité de faire mes stages aussi loin que sur la Basse-Côte-Nord, je me suis dit que cela me ferait une belle expérience que d'aller travailler dans une région reculée. Je n'étais pas certaine du réalisme de la chose, mais bon je n'en étais qu'aux débuts de mon parcours et cela ne fait jamais de mal de rêver !
J'ai aussi eu envie de partir pour obtenir un emploi plus rapidement en terminant mes études. Comme l'université qui offre le cours en adaptation scolaire est située dans ma ville, de nombreuses finissantes décident de rester en ville après leurs quatre années d'université, soit parce qu'elles n'ont pas envie de retourner dans leur région d'origine ou parce qu'elles se sont fait un chum à Rimouski. Cela a pour effet d'engorger le marché ici. Alors qu'un peu partout au Québec, l'offre ne suffit pas à la demande d'enseignantes en adaptation scolaire et sociale, à la Commission scolaire des Phares, il y a beaucoup plus d'offres que de postes à combler.
Puisque je n'ai pas réellement d'attaches à Rimouski, si ce n'est mes parents et mon frère, je me suis dit, pourquoi n'irais-je pas dans ces régions où les enseignantes manquent cruellement ?
En plus, en obtenant un poste rapidement à la sortie de mes études, je m'évite en partie le cauchemar des finissantes en éducation. Et j'ai nommé la suppléance. Bien entendu, je suis consciente que la suppléance apporte une expérience inestimable et que c'est payant. De plus, j'avoue que je ne serais pas fâchée d'en faire quelques mois avant d'obtenir un remplacement ou un poste. Mais je ne veux pas non plus en faire pendant des années, comme les filles qui restent à Rimouski doivent le faire. Souvent, elles ont si peu de suppléances et de remplacements qu'elles doivent se trouver un emploi à temps partiel pour survivre. Résultat : elles ne sont pas disponibles lorsqu'elles reçoivent finalement un appel.
Cependant, comme je préfère être certaine de pouvoir vivre dans une autre région que la mienne pour y faire ma vie, je me suis dit que faire un stage de quatre mois me donnerait de la latitude. En plus de me permettre de me faire connaître dans ma nouvelle région, j'aurai toujours la possibilité de retourner dans le Bas-Saint-Laurent si j'en ressens le besoin.
L'ensemble de ces facteurs m'ont amené à la conclusion que mon idée de départ de faire mon dernier stage à l'extérieur était la bonne. Restait encore à choisir où j'allais le faire...

La culture

Tout à l'heure, en lisant un document sur les compétences professionnelles que les enseignants et enseignantes du Québec doivent développer, je suis tombée sur cette citation qui m'a fortement interpellée :

« La culture ne se porte pas comme une médaille à la poitrine, mais bien comme une nourriture au creux de l'estomac. »

Javeau, 1974

Qu'en pensez-vous ?

Lettres disparues

Un article du journal L'aut journal de février 2012 m'a récemment bien fait rire lorsque je l'ai lu il y a quelques mois. Il s'intitule « La paresse du postier » et parle de ces lettres qui disparaissent de la circulation de façon inexpliquée.

En tant que correspondante assidue, je me suis souvent demandé ce qu'il est advenu de mes lettres qui ne se rendent pas à destination.

La lecture de cet article de journal m'a apporté une idée de ce qui pourrait être arrivé.

Apparemment, certains postiers sont très paresseux... Ainsi, l'article parle d'un facteur allemand qui, par paresse, a entreposé chez lui 10 000 lettres, plutôt que de les distribuer ! Toujours en Allemagne, la seule réponse d'un facteur d'origine écossaisse à la question : « Pourquoi avez-vous gardé un an de courrier chez lui au lieu de le livrer ?» a été «j'étais fatigué».

Plus près de chez nous, un facteur montréalais a conservé 120 000 pièces de courrier chez lui, parce qu'il ne livrait qu'aux rez-de-chaussée et jamais aux étages ! Il faut le faire !

Bien sûr, de nombreuses raisons pourraient expliquer ces retards et ces « disparitions »... mais j'aime à penser que mes lettres seront découvertes un jour et que mon correspondant aura la surprise de lire une lettre que j'ai écrite il y a des dizaines d'années...

7,7 %

C'est le pourcentage des postes de direction des 100 plus grandes entreprises canadiennes qui sont occupés par des femmes.

J'ai pris cette information dans le dépliant sur la journée intersyndicale des femmes que j'ai reçu lors d'une rencontre syndicale avec mon enseignante-associée au mois de février. De grands progrès ont été fait en matière d'égalité des sexes, mais cette statistique démontre que la bataille n'est pas encore terminée !

Sentier du canard

Au début du mois de mars, alors que je faisais ma première (et dernière) promenade en raquettes de l'année, j'ai fait une découverte qui m'a réellement plue ! Alors que je voulais descendre dans le bois derrière chez moi pour me rendre près de la rivière comme je le fais habituellement, j'ai découvert qu'un chemin était ouvert, et qu'il menait au sentier du canard, qui est entretenu par la même compagnie qui s'occupe des autres sentiers de la rivière Rimouski que j'affectionne tant.

Je connaissais déjà l'existence d'une partie de ce sentier, mais je ne l'avais jamais parcouru en entier ! J'ai donc décidé de le faire ce jour-là, et j'ai eu le plaisir de découvrir qu'une grande partie du sentier a été ouvert par... moi et les autres amis du quartier quand nous étions jeunes ! Nous empruntions ces pistes dans la forêt, et nous disions qu'elles étaient nos passages secrets. J'ai donc découvert ce jour-là que j'ai contribué sans le savoir, à l'ouverture d'un sentier, ou plutôt d'une piste de raquette !

J'y suis retournée en avril, en mai et en juin. Puis j'y suis retournée la semaine dernière dans l'espoir d'aller cueillir les dernières petites fraises dans le champ que le sentier traverse, mais j'ai été incapable de me rendre au sentier tellement la végétation avait poussé ! J'ai presque hâte à l'hiver prochain pour pouvoir le parcourir entièrement de nouveau !

 La fois que j'y suis allée en avril, j'ai pris une photo du petit ruisseau que longe le sentier du canard :


Petit ruisseau du sentier du canard


Cette fois-là, j'ai aussi fait une drôle de découverte rendu sur le bord de la rivière ! Des branches repoussaient directement à la basse d'un tronc complètement dévoré par un castor, ce qui donnait une drôle d'allure à l'arbre (arbuste ?) en question !


Étranges repousses

Cette fois-là, j'ai également croisé ma première couleuvre de l'année, qui se dorait la couenne au soleil ! J'ai bien failli l'écraser, imaginez ma surprise lorsqu'elle a décampé !


C'est qu'elles savent se camoufler, ces couleuvres !

J'ai fait une très longue balade cette journée-là, car je me suis rendue jusqu'à la passerelle avant de retourner chez moi. Comme chaque fois que je passe près de la passerelle ou presque, j'ai admiré le petit ruisseau qui fait son chemin jusqu'à la rivière.

lundi 16 juillet 2012

Hommage à mes grands-parents décédés

Si j'ai peu écrit sur ce blog au cours des dernières années, c'est bien sûr en grande partie parce que j'étais occupée, il y avait aussi sans doute un peu de désintérêt pour le blogging, mais c'est aussi parce que je traversais une période difficile sur laquelle je n'avais pas nécessairement envie de m'épancher.

Si je n'ai toujours pas envie de discuter de tout cela, j'éprouve aujourd'hui le besoin de parler de deux personnes que j'ai perdues qui étaient de véritables soleils dans ma vie, c'est-à-dire le père de mon père et la mère de ma mère.

Grand-papa est celui qui est disparu en premier, le 25 novembre 2009. Comme il vivait loin, je ne le voyais pas souvent et je ne peux pas dire que je le connaissais très bien. Je peux néanmoins dire qu'il était un modèle d'optimisme et de volonté. Grand-papa était une personne passionnée, un véritable amant de la vie. Toute sa vie, il a gardé la forme. Jusqu'à son cancer, il faisait beaucoup de vélo et de ski alpin. Il a même fait le tour du Lac Saint-Jean a vélo en deux jours à 76 ans (il me semble que c'était 76 ans).

Il s'est remis d'un cancer à 80 ans grâce à sa volonté hors du commun et son optimisme sans bornes. Tout au long de sa maladie, il disait, « vous allez voir, vous allez me revoir faire du vélo avant que je meure ! ». Personne n'osait y croire, mais lui y croyait réellement. J'ignore s'il a refait du vélo, mais en tout cas, il a guérit son cancer et s'est remis à la marche.

Finalement, ce n'est pas le cancer, mais la fibrose qui a eu raison de lui. Ayant travaillé à l'Alcan pendant de nombreuses années alors que les conditions de travail n'y étaient pas à leur meilleur, c'est presque un miracle qu'il ait vécu si longtemps. D'ailleurs, à ses funérailles, il n'y avait pas d'anciens collègues de travail, et ce n'est certainement pas parce que grand-papa n'était pas apprécié autour de lui. C'est parce que ses collègues étaient tous déjà décédés, et la plupart de maladies respiratoires comme lui.

J'ai aussi perdu mamy (je sais, je fais une faute, mais j'ai toujours écrit mamy de cette façon et c'est une façon pour moi de la distinguer des autres mamies !) le 1er octobre 2010. Son décès a été précipité, seulement deux mois après que nous ayons appris qu'elle avait le cancer et qu'il n'y avait plus rien à faire.

J'étais beaucoup plus proche de mamy que je ne l'étais de grand-papa, puisqu'elle demeurait elle aussi à Rimouski et que je la voyais à toutes les semaines. La voir dépérir chaque jour a été pour moi l'une des épreuves les plus difficiles que j'ai traversé, car je ne reconnaissais plus la femme si douce, si aimante qu'elle avait toujours été.

Plusieurs personnes ont toujours dit que mamy était un ange, et c'est aussi comme cela que je me la représente. Jamais on entendait la moindre plainte sortir de sa bouche, même si sa vie n'était pas facile à tous les jours. Elle supportait tout avec le plus grand héroïsme, et avec la plus grande discrétion.

Elle avait aussi un don que peu de personnes possèdent. Elle écoutait. Elle écoutait vraiment ce que l'on disait, et même si elle n'essayait pas nécessairement de nous réconforter, le seul fait de se savoir écouté nous apportait la plus grande consolation qui soit.

Mamy avait aussi le don de raconter les histoires de son temps. Elle en parlait avec la plus grande passion, la nostalgie plein les yeux. Quand elle nous racontait sa jeunesse, nous nous sentions transportés dans son temps et nous avions l'impression de vivre ce qu'elle avait vécu à sa place. On lui a toujours dit qu'elle devrait écrire l'histoire de sa vie, et la publier, mais elle prétendait ne pas pouvoir transposer à l'écrit ce qu'elle racontait à l'oral. Je regrette tellement de ne pas avoir eu le temps ! Aujourd'hui, le détail des histoires qu'elle me racontait m'échappent contre ma volonté, et je ne serais plus capable de rendre cet hommage à mamy que j'ai toujours voulu lui faire.

J'espère que cet hommage lui rend tout le mérite qu'on lui doit.

jeudi 5 juillet 2012

Stage II

Pour une fille qui parlait de venir faire des articles à toutes les semaines, c'est pas trop réussi ! Mais que voulez-vous ? Pour faire changement, j'ai été très occupée ! Pendant ce temps, les sujets de billets de blog se sont accumulés.
Mais pour le moment, je remonte loin, c'est-à-dire à un billet que je désire écrire depuis novembre 2009.
Alors mon stage II s'est déroulé à l'école secondaire le Mistral à Mont-Joli dans une classe de FMSS, Formation aux métiers semi-spécialisés.
Quand j'ai appris que mon stage allait être au Mistral, c'était le drame. Non seulement je ne voulais rien savoir de faire un stage au secondaire, mais en plus on m'avait placé au Mistral, une école à la réputation très peu reluisante. Comme je suis une personne très sensible, j'avais peur de tomber sur des élèves qui sentiraient immédiatement ma sensibilité et qui tenteraient d'en profiter. Si effectivement, les élèves remarquaient que j'étais vulnérable, ils n'ont pas tenté d'en profiter pour me rendre malheureuse, au contraire. Ils m'ont adopté. Et à cette période-là de ma formation, c'est en plein de cela que j'avais besoin. Je n'ai eu aucune autorité, mais j'ai réalisé que c'était possible pour moi de me faire accepter et de travailler avec de jeunes adolescents qui ont des troubles de comportement.
J'ai aussi eu la plus merveilleuse des enseignantes associées. Une vraie perle, qui m'a toujours bien accompagnée et qui se souciait toujours de mon bien-être. Je me sentais avec elle et avec ses deux collègues comme un véritable membre de l'équipe dont les opinions et le travail compte.
Lors de mon évaluation finale, mon enseignante associée a eu de si bons mots pour moi que je suis sortie du local en pleurant de joie. Elle m'avait enfin persuadée, après un premier stage difficile, que j'étais bel et bien dans mon domaine. Bien sûr, j'avais de petites choses à améliorer, mais en gros elle m'a dit que j'avais bien ma place en enseignement. Plus tard, en voulant m'appeler, elle est tombée sur ma mère et lui a dit que j'étais un gros plus pour l'enseignement. Ça m'a tellement fait du bien d'entendre cela !
Après ce stage, non seulement j'étais maintenant convaincue que je devais rester en enseignement, mais en plus je me demandais sérieusement si, finalement, je ne ferais pas mieux de m'inscrire au profil secondaire. En effet, mon stage au primaire avait été désastreux, tandis que celui du secondaire avait été parfait !
Finalement, je me suis raisonnée et j'ai choisi le vrai profil qui me correspond mieux, c'est-à-dire le primaire. Mais je me rappelerai toujours de ce stage et du dîner surprise que les élèves ont organisé pour moi à la fin de mon stage comme une période déterminante de ma vie.

mardi 15 mai 2012

Marre des préjugés sur les étudiants !

Il faut absolument que je le dise : J'en ai complètement marre des préjugés sur les étudiants !Depuis l'annonce du gouvernement Charest sur la hausse des frais de scolarité, les oreilles me frisent fréquemment. Les étudiants n'ont qu'à arrêter de boire de la bière et du café, ils n'ont qu'à ne pas s'acheter de cellulaire et d'ordinateur portable, ils n'ont qu'à ne pas s'acheter de voiture neuve, à ne pas se promener en char, à ne pas partir dans le sud à toutes les années...
Et bien, je suis étudiante et je dois plaider coupable à toutes ces accusations, mis à part celle sur la bière (si je bois l'équivalent d'une caisse de douze bières par année, c'est beaucoup pour moi !). Mais avant de me juger, considérez ceci.
D'abord sachez que je viens d'une famille de la classe moyenne, qui n'a jamais eu droit aux prêts et bourses. Pourtant, mes parents n'ont jamais contribué à payer mes frais de scolarité parce qu'ils ne pouvaient pas se le permettre. Avec l'augmentation des frais de scolarité, ils ne pourraient pas plus m'aider.
J'ai un très bon emploi, il est vrai. Depuis cinq ans maintenant, je travaille de 24 à 40 heures par semaine en même temps que j'étudie, pour pouvoir payer l'université, mais aussi tout le reste.
Pour pouvoir voyager (ce qui est ma plus grande passion), pour pouvoir payer ma voiture neuve, pour pouvoir me payer quelques balades en auto et pour payer mon café et mon ordinateur portable, j'ai pris la décision de rester chez mes parents, même si j'ai 25 ans et que ça fait longtemps que je rêve d'avoir mon chez moi. J'ai pris cette décision parce que je ne suis pas prête à mettre une croix sur mes voyages et sur ma voiture. C'est un CHOIX que j'ai fait. Il va sans dire que si j'étais en appartement, même en travaillant 24 à 40 heures par semaine je ne pourrais pas me permettre tout cela. Et je n'aurais pas droit aux prêts et bourses pour autant.
Quant à mon super cellulaire intelligent, il ne m'a rien coûté. Et je ne paie que 15 $ par mois parce que je l'ai grâce à un programme spécial pour les employés de Telus.
Vous croyez donc que ceux qui sont forcés de rester en appartement, ceux qui vivent des maigres prêts et bourses du gouvernement vont pouvoir absorber la hausse ? Moi je ne crois pas. Et je ne crois pas que ce soit une majorité qui va dans le sud toutes les années. Il faut faire attention à ne pas généraliser et à ne pas juger avant de connaître la personne.
Le meilleur exemple vient d'une fille qui travaille avec moi. Tout ce qu'elle sait de moi, c'est qu'en 2010 je suis allée en Europe, qu'en 2011 je suis allée en Afrique et que je reviens de Jamaïque. Forcément, elle est jalouse. Une fille très gentille, avec qui je me suis toujours bien entendue. Un jour, je suis dans la salle de pause, cachée dans le coin des ordinateurs. Elle ainsi qu'une autre employée entrent dans la salle de pause et discutent du sujet de l'heure, la grève étudiante. Et à ma plus grande surprise je l'entends dire : « Franchement ! Faites-moi pas croire que les étudiants ne peuvent pas subir cette augmentation des frais de scolarité, ils sont tous des bébés gâtés qui s'en vont dans le sud à toutes les années ! ». Je crois qu'elle a résumé la pensée de plusieurs. Pourtant, je suis certaine que la seule étudiante qu'elle connaisse et qu'elle ait pris en considération, c'est moi. Et elle ne sait pas que je reste toujours chez mes parents, que je mets une grosse part de chaque paie pour mes voyages, faisant ainsi de nombreux sacrifices, et que mon voyage en Afrique ne m'a rien coûté parce que nous avons entièrement ramassé le prix du voyage en commandites, bourses et ventes diverses ! 40 000 dollars pour huit personnes, que nous avons ramassé sou après sou, patiemment, y mettant de nombreuses heures. Le message que j'aurais voulu lui faire, c'est que dans la vie, on peut réaliser nos rêves, à condition d'y mettre les efforts nécessaires. Si tu t'assois sur tes lauriers en attendant qu'un miracle arrive, c'est normal que tu sois amère comme ça. Si je réussis à voyager, ce n'est pas une question de chance, c'est une question de sacrifices. Alors plutôt que de faire de la surgénéralisation et de me juger sans me connaître, commence donc à économiser toi aussi pour réaliser tes rêves !

Abandon d'un stage et reprise

Justement, quand je disais que rien n'arrive pour rien...
Le stage que j'ai dû abandonner pour des raisons personnelles à la fin de l'été 2010 ne me plaisait pas du tout. J'avais rencontré l'enseignante en juin et elle m'avait inspiré confiance, mais la clientèle de sa classe me faisait énormément peur. C'était une classe d'enfants en troubles graves de comportement. J'avais vu les élèves aussi, qui ne m'avaient pas semblé si pire que cela, mais quand elle m'avait fait visiter les locaux où elle était parfois forcée de les confiner, j'avais un peu perdu la tête. Le plâtre sur les murs était tout défait, et rien n'était laissé à la portée des enfants, de façon à ce qu'ils ne puissent pas se blesser.
Douce et sensible comme je suis, je savais que ce stage risquait de virer en catastrophe. La gestion de classe et la gestion des comportements sont déjà mes gros points faibles. Mon côté rationnel me disait que ce serait la meilleure façon pour moi d'apprendre, mais j'avais tellement peur !
Finalement, les événements qui m'ont forcée à quitter mon stage se sont produits et je me suis dit que j'étais vraiment trop dans une période d'hypersensibilité pour me « frotter » à des troubles graves du comportement. Par conséquent, j'ai eu droit à un mois supplémentaire de vacances pour me remettre sur pied, et aussi pour dire adieu à ma mamy chérie qui s'est soudainement mise à dépérir.
Quand j'ai connu mon milieu de stage pour mon stage trois à l'hiver dernier, j'ai été complètement découragée. Depuis mon tout premier stage que je demande à être placée en dénombrement flottant. Le stage un est dans une classe spéciale, le stage 2 au secondaire, on me place d'abord en dénombrement flottant pour le stage trois mais l'enseignante tombe enceinte, puis on me place dans une classe spéciale pour les troubles graves du comportement ! J'abandonne, et on me replace... encore dans une classe spéciale ! Le comble ! En plus, c'est encore à Mont-Joli, à trente minutes de route. Je rencontre l'enseignante et ses élèves... et ça ne clique pas du tout, mais pas du tout ! Le temps des fêtes passe, et je stresse, appréhendant le pire. Le stage commence et tout va mal. Je suis tellement intimidée par mon enseignante associée que je n'arrive pas à bien communiquer avec elle. Je ne sais pas à quoi elle s'attend de moi, et elle ne me dit rien si je ne lui pose pas de questions. Puis arrive finalement la mi-stage, avec l'évaluation formative qui l'accompagne. J'ai ENFIN l'occasion de savoir ce qu'elle pense de moi ! Cette évaluation a été un coup dur pour moi, parce que mon associée m'a évaluée très sévèrement. Mais je me suis resaisie et j'ai foncé, parce que je savais finalement qu'elle s'attendait à ce que je prenne beaucoup plus de place dans la classe. Finalement, la deuxième partie du stage s'est super bien passée. J'ai fait de gros progrès et j'ai réussi à me faire beaucoup mieux apprécier de mon associée. Elle et son éducatrice m'ont même invitée à dîner lors de mon avant-dernière journée de stage (c'était aussi ma fête) et elles m'ont donné un certificat cadeau pour la librairie. Je ne soupçonnais même pas que mon associée avait deviné ma passion pour la lecture ! C'est qu'elle me connaissait et m'appréciait beaucoup plus que je ne le pensais...
Finalement, je n'ai pas complètement coupé le cordon avec mon milieu de stage, puisque je m'y rends encore au minimum un après-midi par semaine pour donner un coup de main et voir les élèves que j'adore. Je compte d'ailleurs vous reparler de la classe bientôt. Mais là, je m'égare...
Tout ce que je voulais dire, c'est que finalement, tout s'est passé pour le mieux. J'ai abandonné un stage qui m'aurait sans doute détruite pour un presque aussi difficile mais qui m'a fait grandir et qui m'a donné énormément de confiance en moi. Avec le recul, je pense que je n'étais tout simplement pas prête à faire mon stage III en 2010. Tout est bien qui finit bien !

Le sixième sens, vous y croyez ou non ?

Si vous m'aviez parlé du sixième sens il y a cinq ou six ans, je vous aurais probablement ri au nez. Je n'y croyais pas, j'étais beaucoup trop rationnelle pour cela. Puis, il s'est passé des choses dans ma vie qui ont tout remis en question.
Question de respect, je taierai les événements en question. Je vous dirai seulement que ce sont des événements assez dramatiques qui m'ont complètement bouleversée. Dans les deux cas, j'ai été saisie brusquement d'une grosse crise de larmes, incontrôlable et inexplicable, quelques temps avant le drame. Les gens qui étaient autour de moi les deux fois où cela s'est produit m'ont demandé ce qui se passait et pourquoi je pleurais. Je ne savais que répondre. Je ne savais pas ce qui n'allait pas bien, mais ça n'allait pas bien du tout.
La première fois que cela m'est arrivé, j'étais à un mariage, au milieu de gens heureux et qui s'amusaient. Des gens m'ont invitée à danser et j'ai éclaté en sanglots brusquement, sans aucun préavis. La crise de larmes a duré une bonne partie de la soirée
La deuxième fois, ça s'est passé à l'été 2010, le jour où je devais quitter mon emploi à Telus. J'avais donné ma démission pour ne plus avoir d'emploi au moment de débuter mon troisième stage. Il ne me restait plus qu'à travailler ma dernière journée. Mais avant même de commencer ma dernière journée, j'ai été prise de sanglots incontrôlables. J'étais pourtant heureuse d'être enfin débarassée de Telus, mais je ne savais pas trop pourquoi, je sentais que je ne prenais pas la bonne décision. J'ai été complètement incapable d'arrêter de pleurer de la journée. J'ai dû me débrancher au moins 25 fois parce que je ne pouvais plus m'arrêter. Le reste du temps, j'avais une toute petite voix à laquelle je m'efforçais de donner plus d'assurance. La chance a mis sur mon chemin deux petites perles de femmes sur mon chemin ce matin-là. J'ai discuté avec elles de mon dilemme et elles m'ont fait réaliser que finalement, je n'étais peut-être pas si obligée de quitter mon emploi. J'ai donc pillé sur mon orgueil et je suis entrée dans le bureau de mon superviseur pour lui demander s'il était possible de revenir sur ma décision. Il m'a dit qu'il voulait me garder, mais qu'il n'était pas certain que ce serait accepté car cela créerait un précédent. Finalement, j'ai su la semaine suivante que j'étais réengagée, et ce, sans perdre mon ancienneté et mes privilèges.
Je me suis mise à me sentir beaucoup mieux, tout à coup. On dirait que je me sentais soulagée, même si j'étais toujours aussi agacée par certains aspects de mon emploi.
Quelques semaines plus tard, l'un des événements les plus horribles de ma vie s'est produit. À cause de l'événement en question, j'ai été un peu forcée d'abandonner mon stage pour rester avec ma famille et m'occuper de certaines choses. Comme c'est le stage qui m'avait fait prendre la décision d'abandonner mon emploi, je me suis dis que j'avais sans doute eu un pressentiment. Qu'en pensez-vous ? En plus, à la fin de cet été-là, mon emploi a été tout ce qui m'a permis de garder ma santé mentale.
Depuis ce temps, je me dis que le sixième sens existe peut-être réellement. Il nous aide à prendre les bonnes décisions. Comme dit l'adage, rien n'arrive pour rien. Et j'y crois de plus en plus.

lundi 30 avril 2012

Lipdub rouge

Les étudiants n'en finissent plus d'utiliser leur imagination pour démontrer leur mécontentement face à la hausse des frais de scolarité ! Très bon !

         

C'est lui Jean Charest ?

Récemment, je suis tombée sur cet article du blog Chroniques d'une hôtesse de l'air qui m'a beaucoup choquée, sans doute parce que son auteure disait tout haut ce que je n'osais même pas me dire tout bas. En gros, elle dit que ce qu'elle a constaté en travaillant comme hôtesse de l'air (à son plus grand regret, d'ailleurs...) c'est que le Québécois moyen manque cruellement de culture générale.
Je me suis vraiment fâchée en lisant cet article, puis je me suis souvenue que le québécois moyen, c'est souvent celui à qui je parle au 411, celui qui n'est pas capable de trouver la date d'aujourd'hui par lui-même, celui qui pense que Laval est dans la province de Montréal, que la Gaspésie est une ville ou que l'Angleterre est aux États-Unis.
Néanmoins, je ne m'attendais pas à trouver un exemple aussi flagrant du manque de culture générale dans mon centre d'appels, parmi les employés de mon service.
J'étais à ma pause du dîner, et j'écoutais les nouvelles de LCN tout en mangeant ma soupe. C'était l'émission de Richard Martineau qui parlait avec un collègue de la hausse des frais de scolarité au Québec (soit dit en passant, les commentaires de ces deux clowns m'ont mise hors de moi ce midi-là ! Mais là, je m'égare...) en attendant que Jean Charest et Line Beauchamp fassent leur apparition au point de presse où ils étaient en retard. À 11h20, alors que je n'espérais plus entendre ses propositions avant mon retour au travail à 11h30, Charest a daigné faire mon apparition. Je me tourne pour commenter mon mécontentement face au manque de ponctualité de notre premier ministre à la nouvelle venue. Elle me répond : « Ah ! C'est lui Jean Charest ! ».
La face m'a allongé. Tout compte fait, je ne tenais pas tant à entendre les propositions de Charest. J'ai préféré éviter la compagnie de cette fille qui ne connaît même pas notre Premier Ministre. C'est grave, surtout en ce moment alors qu'il apparaît constamment dans les nouvelles et que sa face fait le tour des médias sociaux !

Des sacs magiques ?

À chaque printemps, ça me fascine et ça me décourage en même temps de voir combien de Québécois semblent croire que les sacs de plastique qu'ils utilisent pour ramasser les excréments de leur chien vont fondre en même temps que la neige.

Les sentiers sont tapissés de sacs de plastique contenant du caca de chien. Mais à quoi pensent-ils ? Ils se donnent bonne conscience en ramassant les excréments de leur chien pour ensuite les jeter dans le sentier et les enterrer d'un coup de botte.

SVP, si vous ne voulez pas mettre les cacas de votre chien à la poubelle, ayez au moins l'obligeance de ne pas les mettre dans des sacs en plastique ! Au moins, vous serez un peu plus écologiques !

lundi 23 avril 2012

Mes cours universitaires sont terminés !

Ça fait si longtemps que je n'ai pas écrit sur ce blog que je doute qu'il y ait encore des personnes qui prennent la peine de venir le visiter. J'ai quand même envie de le reprendre, ne serait-ce que pour moi-même !

À cette heure où les filles de ma cohorte terminent avec stupeur leur baccalauréat (quatre ans d'études, c'est long, alors le terminer est difficile à réaliser, sans aucun doute), je reprends mon blog pour vous annoncer avec un retard certain que depuis décembre dernier, j'ai terminé tous mes cours universitaires. Par contre, contrairement à mes collègues, je ne termine pas mon baccalauréat. Il me reste en effet un stage à l'automne prochain, pour une raison dont je reviendrai sans doute parler prochainement.

J'ai toujours été persuadée que je serais malheureuse le jour où je n'aurais plus de cours. À mon grand étonnement, je ne ressens absolument aucun manque jusqu'à maintenant. Peut-être qu'avec mes quatre années d'études en adaptation scolaire et sociale, j'en ai finalement eu assez. Mes cours étaient si répétitifs et s'entrecoupaient tellement que la plupart du temps, je ne pouvais que m'ennuyer. Le comble, c'est que je croulais quand même toujours sous les travaux, des travaux tous aussi répétitifs et ennuyeux. À cette période de l'année où habituellement je suis submergée par les travaux de fin de session et par l'étude pour mes examens finaux, force est de constater que je suis bel et bien heureuse d'avoir terminé les cours. J'ai trouvé d'autres façons de combler ma curiosité insatiable, notamment par Internet et par les livres. L'autoformation, il n'y a rien de mieux. On étudie ce qui nous intéresse et non pas ce que l'on doit apprendre, on va au rythme que l'on veut et on n'a pas de compte à rendre. La belle vie, quoi !

Actuellement, je continue beaucoup de m'autoformer dans le domaine de l'éducation, car je ne passerai pas mon entrevue de la commission scolaire avant minimum décembre prochain. En attendant, je dois veiller à ne pas perdre mes acquis et à me tenir au courant des derniers développement dans le domaine de l'éducation et plus particulièrement de l'adaptation scolaire. Je bâtis tranquillement mon portfolio professionnel et je me monte du matériel scolaire. J'en achète un peu aussi, histoire d'avoir de quoi bien débuter ma carrière. Et je lis beaucoup de littérature jeunesse. Car il est clair que la littérature jeunesse prendra beaucoup de place dans mon enseignement futur.

Malheureusement, le plus souvent, le temps me manque pour mener à bien mes projets ! Parce que même lorsque je ne vais pas à l'université, je suis débordée par le travail, mes nombreux loisirs et projets. Cela explique sans aucun doute mon inconstance à la barre de ce blog ! J'ose tout de même espérer qu'à partir de ce jour et au moins jusqu'à l'automne prochain (vous saurez pourquoi éventuellement), j'arriverai à poster des billets un peu plus régulièrement. Mon objectif (en espérant qu'il soit réaliste) : environ 5 billets par mois.

Je serais heureuse de retrouver mes lecteurs, mais si ce n'est pas le cas, ce n'est pas grave : je suis déjà heureuse d'avoir renoué avec mon blogue et avec l'écriture (en dehors de mes critiques de livres sur Les lectures d'Isabelle bien entendu).

À bientôt j'espère !